dimanche 25 octobre 2015

Si si, je suis fatiguée...

Je suis une personne forte comme on dit. J'ai toujours le sourire et arrive à positiver à chaque situation. Mais cela ne signifie pas que je n'ai pas le droit de dire que je suis fatiguée, pas besoin d'être surpris quand je le dis.
Je fais tout pour que mon entourage, amis, famille et collègues de travail ne voient jamais quand je faiblis, à tel point que certains se disent que ma vie n'est pas si difficile, et que la pathologie d'Elena n'est pas si grave. Du coup, ils sont surpris. Mais de là à banaliser l'handicap de ma fille...
Tant mieux qu'on ne voit pas ma fatigue, mes moments de tristesse... C'est ce que je veux. Car je suis heureuse, mes enfants me comblent de bonheur, et mon mari est un soutien si fort.
Je suis heureuse malgré tous les aléas de la vie mais je suis fatigué, et oui désolée, c'est le cas.

Cela fait plus d'un mois qu' Elena ne dort pas. Elena ne marche pas, elle reste dans mes bras à longueur de journée, non pas qu'elle est chouchoutée ou que je passe ces caprices, c'est seulement qu'elle ne parle pas, et de ce fait elle n'arrive pas à se faire comprendre et elle est très frustrée. Du coup, elle râle, pleure. Et avec la fatigue des nuits blanches, la journée de travail, je la prends dans les bras. J'en ai des crampes et des douleurs à l'intérieur de mon corps. Je suis épuisée. Sans compter qu'après une journée de travail, il faut continuer la rééducation et aussi passer du temps avec le grand.
J'ai dû alléger mon temps de travail, et le temps libre qui en découle ce n'est pas pour aller chez le coiffeur mais pour la rééducation d'Elena.
Mettre son envie d'évolution professionnelles de côté, perdre 40% de mon salaire, cela ne m'amuse pas! Même si je ne regrette pas ce choix, il faut savoir que tout cela me coûte. Elena n'est pas un problème pour moi, pour nous. Bien au contraire c'est notre "bébé soleil".
Je suis heureuse de voir évoluer ma fille grâce en partie à tous ces "sacrifices" que moi et mon mari on fait.
Je ne demande aucun jugement, ni pitié, rien.

Heureusement, je peux compter sur le soutien de mon mari, je ne sais pas s'il se rend compte à quel point je puise ma force en lui. Pour lui aussi ce n'est pas facile, mais à nous deux, nous quatre on y arrive. On est heureux.

Fatigués mais heureux.

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